By Caren Linger

le consentement

Pourquoi soudainement ai-je l’intime conviction qu’il s’agit de moi ?

Je ne peux l’expliquer, c’est juste un ressenti, une explosion de conscience. 

 — Mon Dieu que m’est-il arrivé ?

Je cherche la lumière, le tunnel. L’amour infini dont tout le monde parle. J’attends les miens, en vain….

Alors que je pleure sur mon sort, une douce torpeur m’enveloppe. Je me sens libérée, aérienne. J’accepte tout. Inconditionnellement. 

Chapitre 2

Une forêt. Un sous- bois  frais et lumineux. Des arbres séculaires aux formes harmonieuses. Le soleil perce délicatement leur feuillage et de doux rayons viennent caresser le sol jonché de mousse tendre. 

 — Serait-ce Brocéliande ?! 

Une douceur infinie m’envahit. J’exulte de bonheur et de sérénité. Je suis en paix. Mon calvaire est terminé. Le paradis existe et m’a offert une place de choix pour en profiter pleinement. Mon corps se repose enfin. J’ai dans la bouche une saveur exquise et j’explore ce lieu magique en pleine conscience. Cette magnifique lumière me tend les bras et je m’y blottis, comme autrefois ceux tant chéris de ma mère adorée.

Je joue avec la lumière j’explore chaque recoin de cet endroit béni.Je butine de fleur en fleur, de feuille en feuille. Je respire l’air pur  à pleins poumons. Tout est parfait. Tout est harmonie.

Dans ce décors somptueux je m’attends à voir apparaître une ange de lumière, une fée ou des lutins. Toute cette douceur me submerge. Curieuse de tout, je suis insatiable.   Je vole , je virevolte car tout m’émerveille. J’entends l’âme et le souffle de la terre , du vent son merveilleux complice. La mer et le cliquetis des vagues. La symbiose parfaite entre toutes choses.  Ivre d’amour universel je m’imprègne de cette lumière qui mène au bonheur ultime. 

Le mot féérique prend alors tout son sens.J’ai le privilège de la connaissance infinie que m’offre ce voyage. Je suis  remplie de grâce et de gratitude. Cet amour infini envers toute chose remplit mon âme. Désormais je n’ai besoin de rien d’autre. Sans corps, sans entraves, je suis une conscience dont le potentiel est incroyable. Cet état me transcende et me fascine. 

Le brouhaha de la terre ne s’interrompt jamais. Elle fait partie de moi, de mes mémoires cellulaires. Nous ne faisons qu’un tous liés par une chaine invisible qui s’appelle « l’Amour » 

Je n’ai pas vu le tunnel de lumière. Je suis DANS la lumière. 

Personne n’est venu m’accueillir. Ni ange ni parents. 

Mais qu’importe, je suis tellement bien. 

Tout près de moi , une voix cristalline , douce que de la soie interrompt ma douce béatitude.

 — C’est beau n’est-ce pas dit elle dans un souffle. 

 — Douce petite maman , tu ne peux pas rester, ce n’est pas encore le moment.

 — Eva ?!   Je t’en prie laisse moi rester je suis si fatiguée. J’ai tant lutté, tant souffert. Accorde moi cette paix s’il te plaît !

Le consentement

 

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Son dernier souvenir est d’avoir étouffé.

Depuis, elle flotte entre l’au-delà et ici bas.

Amnésique, entravée et muette, sa descente aux enfers ne fait que commencer.

«  Qui est-elle ? »

Elle ne sais plus…

Des limbes grises à la lumière , elle voyage dans un monde parallèle terrifiant peuplé de souffrances.

La mort plane, insidieuse et menaçante. Elle l’emmène aux confins de la folie, au paroxysme de l’angoisse.

Perdue dans une autre dimension, luttant pour sa survie elle ne sait pas que le « consentement «  est un permis de tuer en toute légalité et qu’elle est la énième victime d’un système, d’une politique sordide et impitoyable.