Extraits du Recueil de Contes, de poèmes maudits et de réflexions

 

Complainte
Au clair de tous les temps

C’est au clair de ma plume que je vous ai écrit
Des poésies d’amour, avec les mots proscrits
De ces poètes maudits qui transcendaient leurs vices
Pour traduire leurs passions dans une vie trop lisse.

 

C’est au clair de mon âme que je vous ai aimé
Avec toute ma passion, et sans amalgamer
Mes tristes envies charnelles à toutes vos beautés,
Celle d’un corps magnifique et de la chasteté.

 

C’est au clair de ma vie que je vous attendais
Recherchant vos regards dans des yeux saupoudrés
Des mille et une paillettes de vos éclats de rire,
C’est votre vie intense qui m’empêche de mourir.

 

C’est au clair de mon temps que je pleure en silence
Cet amour impossible entre paix et violence
Vous êtes la douceur même, je ne suis qu’agression,
Vous êtes un feu-follet, je suis sans réaction.

 

C’est au clair des lumières de votre magnificence
Que je peux exister, mais en toute indécence,
Je suis Quasimodo, vous êtes Esméralda
La mort me cherche en vain, et je suis candidat.

 

C’est au clair de la lune que vous m’avez quitté
Me laissant en chemin, comme un déshérité,
Je cherchais mon bonheur, mais sans rien vous donner
Je ne pensais qu’à moi, comme tous les passionnés.

 

C’est au clair de ma mort que j’ai enfin trouvé
Le moyen à vos yeux de pouvoir vous prouver
Que mon amour est pur j’attendais le moment
Pour enfin vous parler, mais je ne sais comment.

  1. Complainte Paul Mayet 1:19

 

Danse

Je danse à tout jamais cette valse à mille temps
Que tu m’as imposée, et cela pour longtemps,
Car je tourne et je retourne sur la piste d’une estrade
Que tu m’avais dressée, munie de balustrades,
Pour ne pas m’échapper vers d’autres horizons,
Pour ne pas revenir sur toutes mes trahisons,
Que celles de l’écriture qui me tournent la tête
Dans une ronde effrénée de mots sans épithètes,
Elogieuses ou maudites, d’un passé composé
Que rien ne peut défaire, pour métamorphoser
Le triste quotidien en avenir radieux,
Je ne danse plus, je ris, pour enfin dire adieux.
Je ne ris plus je danse, au son d’un air macabre
Qui m’entraine doucement vers la lame du sabre
Celle par qui le tranchant aura raison de moi,
De tous mes états d’âme et cela sans émoi.

  1. Danse Paul Mayet 0:43

 

Imprudence

Toujours par imprudence, j’ai voulu m’avancer
Au sein du fleuve houleux de tes pensées étranges
Je me croyais le maître, ou une espèce d’archange
Qui d’un seul coup d’épée allait te délivrer.

Imprudence d’un novice qui souhaitait atteindre
Le plus profond de toi, cet amour absolu
Qui n’a aucune loi, qui fait de toi l’élu
Cette merveilleuse femme que nul ne peut dépeindre.

Toujours par imprudence, j’ai franchi les étapes
Que tu m’as imposées, sans en chercher leur sens
Mais comme un grand benêt, et dans la réjouissance,
J’ai cassé le bonheur par de multiples frappes.

Imprudence d’un novice qui se croyait meilleur,
Qui ne pensait qu’à lui, sans jamais regarder
Le mal-être généré par ses mots brocardés,
Par ses phrases toutes faites, il n’est qu’un aboyeur.

Toujours par imprudence, je me suis fourvoyé
Dans les sentiers battus des amours défendus
Courtisant par orgueil, et toujours détendu,
La moindre des ingénues, qui détruit nos foyers.

  1. Imprudence Paul Mayet 0:59

 

Ivresse

Je me noie dans le verre de cet alcool maudit
J’arrive enfin à vivre par ce breuvage béni
J’ai perdu mes amis et ma famille aussi
Mais l’ivresse est le baume des amour désunis
Des partisans extrêmes des Moi avant les autres
Et de leur omniscience qui se veut sans apôtre
Pour ne pas dévoiler cette incapacité
A offrir, à donner sans le moindre calcul
Oublier leur ivresse, et que leur vie bascule
Dans la médiocrité d’un nombrilisme inné,
Dans le sombre de leur vie qui est leur destinée.

Je bois à cette bouteille de folie bienfaisante
Non par pour oublier les paroles médisantes
Qui ne sont pas fondées, je suis fou à lier
Cet état me convient, et j’en suis ennuyé.

Je n’ai plus de drôlesse pour animer mes nuits
Je n’ai plus que l’ivresse pour oublier l’ennui.

  1. Ivresse Paul Mayet 0:51

 

J’arrive…

J’arrive, donne-moi la main pour traverser le Tibre
Non pas le fleuve de sang, mais celui de mes larmes
Qui coulent en permanence et me laissent sans arme
Et face à ce grand vide, je reste en équilibre
Pour ne pas disparaitre dans cet anonymat
De tous ces gens qui vivent en criant et riant
Ne se souciant que d’eux, comme des idiots béats,
Qui ne veulent voir rien d’autre que leur Moi scintillant.

J’arrive, tout doucement, je ne veux pas ta main
Je dois franchir le fleuve de ma vie insipide
Dans un bond magistral, même si l’eau est limpide,
Pour aller te rejoindre, sans attendre les demains
Qui pourraient être meilleurs, ce ne sont que mensonges
Qui me sont répétés à longueur de journée,
Tout au long de l’année, de manière acharnée,
Pour que je vive encore, mais cette survie me ronge.

J’arrive, je veux quitter ce monde bien imparfait
Pour enfin te rejoindre dans la fusion totale
De cet immatériel où chacun est pétale
De cette fleur du bien, et du plus que parfait
Dans un royaume de joie où plus rien n’est à craindre
Où nos âmes se rejoignent dans la diversité,
Sans aucun des tabous et sans l’ambiguïté
De nos désirs impies, rien ne peut nous atteindre.

  1. J'arrive Paul Mayet 1:15

> Revenir à la présentation du recueil

Commentaires

  1. YVES MAYET says:

    Très bonne diction, mais à mon goût un peu rapide,pas assez de sentiments. YVES

Laisser un commentaire